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J’ai découvert  avec joix et enthousiasme la poésie d’Ounsi El Hage et je suis encore sous le charme de cette découverte, car elle est toute récente. En effet, je ne connaissais aucun de ses poèmes avant de lire, au début de l’année 1998, Eternité volante, le premier livre traduit en français qui offre un florilège de son œuvre poétique depuis 1960. J’ai aussitôt éprouvé le choc d’une révélation. Il m’a paru incroyable, et même scandaleux, qu’un poète de cette envengure et de cette importance n’ait pas été plus tôt en France l’objet d’un hommage. Heureusement que cette injustice va bientôt être réparée.(…)

Les éminents professeurs qui m’entourent, et qui ont la chance de connaître son œuvre en arabe, vous diront mieux que moi ce qu’elle apporte à la littérature libanaise. Je suis là pour le saluer au nom de la poésie francaise, dont j’ai étudié toute l’histoire depuis le moyen âge et la renaissance. Et je le salue tout spécialement au nom d’André Breton qui fut mon maître spirituel et mon illustre ami, André Breton que tous les grands poètes de notre  temps ont respecté pour sa haute compétance en poésie. Je puis vous affirmer qu’André Breton, tout comme moi, aurait aimé Eternité Volante et La messagère aux cheuveux longs jusqu’au sources, et qu’il aurait vu en Ounsi El Hage un homme représentatif de la libération de l’esprit. Parce qu’il delivre le langage des entraves de la rhétorique et du dogmatisme rationnel, et parce qu’il exalte la fonction métaphysique de la femme, Ounsi El Hage m’apparaît comme un libérateur de la poésie et un libérateur de l’amour, et je témoigne, par ma présence ici, de l’admiration que j’ai pour son activité poétique et de l’attrait fraternel que j’ai pour sa personne.

 

Sarane Alexandrian

(Hommage à Ounsi El Hage, allocution prononcée

à l’université Saint-Joseph de Beyrouth, le 26

novembre 1998)

 

 

 

 

 

 

 

Poète de la modernité, héros du refus, Ounsi El Hage est donc aussi un grand chantre de l’amour. Son écriture s’élève, hautes cimes de l’esprit, avec la transparence du cristal, l’éclat du diamant et l’embrasement d’une flamme qui ne cesse de fasciner le lecteur conquis par tant de charme, ébranlé par la sincérité d’une expérience qui condence dans sa richesse les trésors cachés de tout l’humain.

Zahida Darwiche Jabbour

 

 

 

 

(…) L’immence Ounsi El Hage, qui a contribué plus que quiconque au renouvellement de la poésie arabe (…)

 

Bernard Mazo

« Vagabondages – 2001 »

 

 

 

 

 

     J’évoque peut- être avec nostalgie le temps où Ounsi El Hage, tel un torrent que rien ne parvenait à canaliser, jouait de ses mots comme on joue de sa vie (...)

     J’évoque peut- être avec nostalgie le temps où entre  « Lann » et  « Le passé des jours à venir », un poète, l’insulte à la bouche et l’amour dans les yeux, la mort à la main, coupait en deux la vie comme un oiseau blessé.

                                                                                      Nadia Tuéni

 

         Par le langage de sa forme, le poème – éloigné désormais de l’immobilité rituelle de la quaçida  – devient cet axe qui, tournant sur lui-même, crée le mouvement, brasse les données du temps et du destin et les projette  comme autant d’éclats dans l’avenir. En cet élan du poème porté par une passion fiévreuse, les lignes du chant  s’affolent et s’étirent, le paysage s’engouffre dans l’on ne sait quel vide vivant suscité par cette course aveugle et pure, par cette aspiration éperdue vers quelque fin qui pourrait bien se confondre avec le néant.

                                                                                      Salah Stétié

  

 

      Les critiques ont l’habitude de présenter Ounsi El Hajj comme ayant été révolutionnaire et athée dans sa jeunesse, puis repenti et dévot avant de devenir nihiliste et rêveur à l’âge mûr. Mais l’exploration de l’oeuvre de Ounsi El Hajj suffit, à elle seule, à montrer l’inexactitude de cette vision, schématique et simpliste. Un même fleuve de soif habite l’homme et ses écrits à travers ses différentes périodes. « Lan » s’ouvre sur « j’ai peur » et se termine par le cri « liberté ». Entre ces deux extrêmes, l’âme errante porte sa carapace et mène son exil. Mythique à l’état sauvage, le poète vit l’experience du gouffre, son « ciel est plein de portes qui se ferment sur les portes. » (...) L’amour le guide au seuil de la foi. La société a beau saluer le retour de l’enfant prodigue, notre poète repenti n’en demeure pas moins le chantre du désir libre à jamais (...)

Mahmoud Zibawi